L’histoire culinaire récente tchèque est marquée au fer par la guerre, les invasions et la faim. Et comme la capitale tchèque, Prague, le pays est à la croisée des chemins de l’Est et de l’Ouest. Plusieurs plats sont enracinés dans le terroir de la région, et on peut trouver plusieurs recettes très similaires dans les pays avoisinants. C’est normal : la plupart de ces plats ont des liens directs avec ceux qui ont mis leur marque sur le pays : les Tchèques eux-mêmes, évidemment, mais aussi les Allemands et les Autrichiens, les Russes, les Polonais, les Slovaques et même l’ex-Yougoslavie.

Voici certains des plats les plus classiques de la Tchéquie – c’est le nouveau nom officiel du pays, avec République tchèque – et les restaurants où vous pouvez les déguster à Prague!

Svíčková

Le svíčková est un des plats les plus emblématiques du pays. Il consiste en une belle pièce de gibier ou de bœuf, cuit avec des carottes, du céleri et des oignons. La pièce de viande est retirée, les jus sont malaxés pour en faire une sauce riche et épaisse, et le tout est mis dans l’assiette. Elle est parfois servie avec des canneberges. C’est un plat délicieux et riche, qui satisfera les plus féroces appétits.

Les Américains ont créé leur propre version du svíčková, où la viande est marinée. Ce plat est surtout servi à Chicago et dans sa région, où s’est établie une bonne partie de l’immigration bohémienne aux États-Unis.

Pour déguster un svíčková à Prague, quoi de mieux que le cadre somptueux du Café Imperial?

Bramborak

Le bramborak est la version tchèque de la galette de pommes de terre, très similaire à ce que les suisses appellent rösti ou à ce que les américains nomment hash brown. À Prague, vous le dégusterez cuit avec de l’ail et de la marjolaine et nous ne pouvons que vous conseiller de l’accompagner d’une Gambrinus bien fraîche !

Il est également possible de la replier sur un filet de poulet (ce que les tchèques nomment alors un baron), une fine tranche de bœuf (un pracny – « patte d’ours ») ou de la viande en sauce (un cmunda).

Une adresse sympathique où en manger : le restaurant situé au sous-sol du complexe Apetit Gastrocomplex.

Le jambon de Prague

Lentement fumé au bois de hêtre, le jambon de Prague possède la particularité d’être cuit sans son os. Il est vendu dans tous les pays limitrophes à la République tchèque, et il y conserve son nom, « jambon de Prague ». On le déguste souvent accompagné de pommes de terre rôties.

Soyez prudents quand vous en commandez à Prague! Il n’est pas rare que certains vendeurs proposent un prix au gramme pour une part de ce jambon, plutôt qu’un prix à la tranche. Ne tombez pas dans ce piège à touristes et sachez d’avance le poids – en grammes! – de la tranche que vous désirez.

Malostransky Hostinec propose un grand choix de bières locales pour accompagner ce jambon.

Klobása

Traditionnelle saucisse de porc tchèque épicée au paprika et à la marjolaine, la klobása se mange généralement grillée, avec un bout de pain et de la moutarde sur le côté. Cette saucisse se retrouve un peu partout en Europe centrale, principalement en Pologne, où elle est un des mets nationaux sous le nom de kielbasa, mais aussi en Ukraine, en Hongrie et en Autriche, où elle est également très populaire.

La klobása se trouve à tous les coins de rue de Prague, notamment Place Wenceslas, dans un des nombreux stands qui bordent la place.

Autre truc de pro: allez voir un match de hockey à un des deux arénas de la ville. Vous y trouverez une klobása et une bière pour beaucoup moins que le prix d’un hot-dog du Centre Bell à Montréal…

Kulajda

La kulajda est une soupe composée de champignons, de crème sûre et de pommes de terre, parfumée à l’aneth. Sa texture crémeuse et son goût légèrement acide en font une entrée idéale – à condition que la portion soit plutôt petite! Contrairement aux plats précédents, la kuladja ne connaît pas de version différente ou d’imitation dans les autres pays d’Europe centrale.

Le restaurant V Zátiší en propose une version moderne, accompagnée d’un œuf de caille.

Knedlíky (dumpling)

Cette recette est connue dans toute l’Europe centrale et de l’Est, où elle était très populaire. Son faible prix de revient et la disponibilité de ses ingrédients permettait en fait aux plus pauvres de s’en nourrir, particulièrement durant la période communiste. Il faut dire que les gens avaient très faim, durant cette ère.

Il s’agit tout simplement d’une quenelle de pâte blanche. La version tchèque comprend de la poudre à pâte et lève légèrement. C’est fade et simple, et c’est une manière d’étirer les repas. Malgré tout, un repas tchèque n’est pas complet sans les knedlíky!

Tous les restaurants traditionnels, sans exception, l’offrent. Celui du Tri Stoleti est pas mal du tout.

Les chaussons aux fruits (Svestkove Knedliky)

Qu’ils soient fourrés au fromage blanc, aux fraises, aux prunes ou aux bleuets, ces délicieuses friandises se trouvent sur toutes les tables de Prague, surtout l’été, lorsque les fruits sont à leur plus frais. Il s’agit d’un des desserts favoris de toute l’Europe centrale, inventé à l’époque de l’empire austro-hongrois au début du 19e siècle. On en retrouve des versions dans tous les pays avoisinants, de la Pologne à la Bulgarie, de la Croatie à l’Ukraine.

On trouve d’excellents chaussons aux fruits au Café Savoy.

Pour lire le reste de cet article par Cédric Lizotte dans les pages d’ #experiencetransat, le blogue d’Air Transat, cliquez ici.

Plus d'articles