Comme dans la majorité des endroits où la pauvreté est chronique, la gastronomie n’est pas le premier souci des Birmans. Manger au Myanmar, c’est en majorité manger du riz.

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Tout de même, le pays a son plat national: le mohinga.

Il s’agit d’une soupe épaisse de bouillon mystérieux (est-ce du poulet? du pigeon?) et de vermicelles de riz avec un gout de citronnelle et de persil. La soupe est accompagnée d’un demi-œuf cuit dur et agrémentée d’un craquelin de semoule de maïs avec quelques grains entiers, qu’on brise dans la soupe pour donner du croquant. On y ajoute des morceaux de faux porc fait de tofu, puis on assaisonne à notre goût de condiments de pâte de crevettes fermentée, de lime et de flocons de chilis déshydratés.

Sinon, la majorité des plats birmans sont inondés dans une vinaigrette d’ail, de gingembre, d’échalotes françaises, de piments forts séchés et de tomate. Souvent, cette vinaigrette couvre le goût des légumes et de la viande avec lesquels ils sont servis. Cette «salade» de viande est invariablement servie avec un gros bol de riz. C’est que manger au Myanmar ce n’est pas toujours luxueux.

Riz frit et nouilles frites sont omniprésents.

À Yangon, de petits salons de thé, dans la plus pure tradition anglaise, offrent du café soluble et du thé avec ou sans lait condensé en plus de petits gâteaux, de croquettes et de puddings. La plupart offrent aussi des pains fourrés vapeur à la chinoise, remplis de viande hachée et de chou, entre autres. Les serveurs de ces établissements sont inévitablement des adolescents de 10 à 15 ans qui passent leur temps à se jouer des tours, à se chamailler et à rire de bon cœur.

Il y a également beaucoup de restaurants chinois – et de Chinois, d’ailleurs – un peu partout en ville, ce qui affecte directement le portrait de tout ce qu’on peut manger au Myanmar.

On y boit, aussi

La grande majorité des pays amusants à visiter ont un breuvage indigène intéressant. Tous, sauf peut-être le Myanmar.

Étant une ancienne colonie anglaise, la Birmanie a de la bonne bière. La Myanmar – lager plutôt ordinaire, mais rafraîchissante – et la ABC – stout semblable à la Boréale Noire – font en fait partie des meilleures en Asie du Sud-Est, en compagnie de la Saigon (Vietnam) et de la Beer Lao (Laos).

Mais ce qui surprendra probablement le touriste moyen, c’est la présence de whisky et de rhum locaux.
«Mais, diront certains, il n’y a pas de grain ni de barils de chêne, au Myanmar! Comment peuvent-ils faire du whisky birman?» Il s’agit, effectivement, d’une remarque très perspicace.

Sur la bouteille du whiskey local du nom de Grand Royal, il est écrit, en anglais: «Produit à partir de concentré de whisky importé et d’alcool potable de haute qualité.» Et, croyez-moi, cette inscription devrait servir d’avertissement à quiconque aurait envie de s’en abreuver librement. Les conséquences peuvent être fâcheuses.

Manger au Myanmar, tout comme visiter, n’est pas pour tous

Bien sûr, le Myanmar n’est pas une destination vacances pour tous. Manger au Myanmar est une illustration parfaite de tout ce qu’on peut y trouver. Je me plais à croire qu’il ne s’agit pas d’un endroit pour le voyageur débutant – et encore moins adéquat pour les habitués du tout inclus à Cancún. Par exemple, les voyageurs peuvent s’attendre à recevoir un traitement différent et à recevoir une facture différente que les habitants du pays.

Mais c’est un pays qui semble à l’abri du temps. Et pour le moment, il s’agit d’une destination qui n’est pas encore inondée d’attrape-touristes et d’arnaqueurs.

Aussi, les touristes qui préfèrent visiter des monuments seront déçus par le Myanmar: à part les milliers de pagodes, le pays ne répondra pas à ces besoins.

Sa beauté réside dans sa population.

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